Lilotopia, une ferme urbaine au cœur de Fives-Cail
Résumé
Lilotopia, ferme urbaine au cœur de Fives-Cail, plus qu’une ferme à visée productive, est un lieu d’expérimentation et de partage. Les membres y explorent des méthodes agricoles novatrices adaptées aux contraintes urbaines. L’Union européenne, à travers le programme Tast’In Fives, soutient la ferme en s’engageant pour une justice alimentaire. La ferme est portée par le désir d’offrir à la population précaire du quartier un espace d’expérimentation, de découverte et de rencontres. L’objectif est de stimuler le lien social autour de l’alimentation. La nourriture devient le mot clé des actions pour renforcer l’inclusion sociale et lutter contre la pauvreté dans le quartier.
Lilotopia touche une partie de la population locale précaire à travers l’animation d’ateliers éducatifs autour de l’agriculture et de l’alimentation. Malgré ces ateliers, la ferme reste peu connue des Fivois et le public majoritairement issu de la classe sociale moyenne et supérieure. Les classes populaires sont sous-représentées dans les activités organisées, soulignant un décalage entre les membres de la ferme et la population ciblée. Lilotopia peine à s’intégrer pleinement dans le quartier et à mobiliser les habitant·es populaires. Les difficultés peuvent être liées au contrôle de l’accès à la ferme, à sa localisation, ainsi qu’aux normes, valeurs et pratiques portées par les membres de l’équipe. Ces normes tendent à exclure, sans le vouloir, les habitant·es populaires. D’une certaine manière, Lilotopia semble refléter « davantage les désirs des créateurs de ces projets que ceux des populations qu’ils sont censés servir. » (Padoue, 2021, p.229). Pour surmonter ces défis, il paraît essentiel que des habitant·es populaires du quartier, public cible du projet, soient inclu·es dans l’équipe pour que les besoins et contraintes des habitant·es populaires soient davantage prises en compte dans la gouvernance de Lilotopia.
Les différents membres de l’équipe ont conscience des difficultés, et cherchent activement des solutions. En quittant l’atelier senior, la coordinatrice est lucide du manque d’engouement des participant·es mais, persiste « Ça serait dommage de s’arrêter là, je suis sûre qu’il y a possibilité de trouver une nouvelle formule qui ramènera plus de monde ».